Natura 2000

Face à l'érosion de la biodiversité, l'Union européenne a initié la mise en place d'un vaste réseau écologique sur toute l'étendue de son territoire.

Le but de ce réseau Natura 2000 est de protéger les habitats naturels et les espèces animales ou végétales menacées.

Les sites d'importance patrimoniale qui constituent ce réseau, ont été identifiés sur la base de deux directives européennes :

  • La Directive 79/409/CEE (ou Directive « Oiseaux ») concerne la conservation des oiseaux sauvages ; •
  • La Directive 92/43/CEE (ou Directive « Habitats ») prend en compte une large diversité d’animaux et de végétaux ainsi que des habitats ou milieux.

Ces deux directives, transposées en droit national, définissent des statuts généraux de protection des espèces et des habitats sur l’ensemble du territoire européen. Elles complètent également la protection légale par l’identification de sites où des mesures particulières permettent d'assurer la pérennité des habitats et la viabilité des populations.

Le réseau Natura 2000 du bassin de la Haine s'étend sur 7517,9 ha et concerne 9 zones protégées.

Les zones rivulaires et alluviales sont particulièrement visées par la directive Habitats. Au sein du bassin de la Haine, les mégaphorbiaies, les forêts alluviales, les cours d'eau à renoncule et les plans d'eau eutrophes sont particulièrement bien représentés. Ils sont cependant généralement en mauvais état de conservation. La fertilité des stations alluviales et leur topographie (terrain plat) a en effet causé le défrichement des forêts naturelles au profit de l’agriculture et de plantations de peupliers. Les milieux alluviaux résiduels se résument ainsi souvent à des habitats maintenus en mélange avec des peupleraies et présentant globalement un faible nombre d’espèces typiques.

Au niveau des habitats aquatiques, la plupart des cours d’eau concernés sont dans un état médiocre et mauvais pour la DCE. L’évolution de cet état sera fonction des budgets de restauration qui seront mis en place mais étant donné que la physico-chimique des eaux est actuellement mauvaise on ne peut présumer d’amélioration avant 2021 voire 2027.

De très nombreuses espèces d'intérêt communautaire ont élus domicile dans les zones humides de la vallée de la Haine. Outre l'emblématique Martin-pêcheur, ses rivières accueillent la Mulette épaisse (une moule d'eau douce), la Lamproie de Planer, le Chabot et la Bouvière. Les zones humides accueillent également une faune diversifiée visée par la Directive Habitats : Triton crêté, Maillot de Desmolin (Gastéropode), Grand Rhinolophe,…

Plus spécifiquement, les larges plans d'eau entourés de roselières situés à l'ouest du bassin, reliquat des immenses marais qui occupaient la vallée, il y a quelques centaines d'années, constituent des zones de reproduction prioritaires pour des espèces menacées et rares à l'échelle européenne telles que le Grand Butor, le Blongios nain, le Bihoreau gris, la Grande Aigrette, la Gorgebleue à miroir, le Phragmite des joncs, la Rousserolle turdoide…

Le défi a relevé est donc de grande ampleur au sein du périmètre du Contrat de Rivière. Certaines mesures de gestion doivent être respectées pour assurer le maintien des habitats et des espèces ciblés. Des indemnités financières sont également prévues. Les premières mesures de protection sont d'ores et déjà prises sur le terrain. Et les acteurs sont nombreux : gestionnaires forestiers, agriculteurs, environnementalistes, citoyens, associations, administrations communales, provinciales et régionales. L'Asbl Natagriwal, regroupant tous les conseillers en agri-environnement (les conseillers MAE) ainsi que les conseillers Natura 2000, est là pour aider les gestionnaires et informer ceux-ci sur le fonctionnement et la réglementation Natura 2000.

Article rédigé par Catherine Marneffe du Service Public de Wallonie (Natura 2000 - Département de l'Etude du Milieu Naturel et Agricole)

Natura 2000

Actions sur le document